New Camp est le projet que je mĂšne actuellement et qui sert de cadre Ă  une critique de notre sociĂ©tĂ©, une rĂ©flexion sur les interactions complexes que nous entretenons avec le territoire urbain. Il ne s’agit pas d’un cadre de recherche classique ou les rĂ©sultats sont directement le produit d’une mĂ©thode identifiĂ©e mais plutĂŽt d’une forme expĂ©rimentale ou la mĂ©thode est rĂ© inventĂ©e.
Cette forme permet de crĂ©er les conditions d’apparition de sens en ne limitant pas les sources d’inspiration (art, design, architecture, cinĂ©ma, musique), les propositions plastiques peuvent cĂŽtoyer des piĂšces sonores et musicales, des textes ou des vidĂ©os, l’idĂ©e Ă©tant de maintenir la forme ouverte et interrogeable.Dans ce projet j’accorde un intĂ©rĂȘt particulier aux formes du modernisme dans tout les domaines comme Ă©tant un moment crucial d’une redĂ©finition de la place de l’humain dans la sociĂ©tĂ©. Une utopie qui a façonnĂ© notre mode de vie contemporain et qui reste le pivot rĂ©fĂ©rentiel et inamovible des recherches actuelles.

Je m’appuie sur des rĂ©fĂ©rences dont on pourrait faire une liste non exhaustive : Notes on Camp (Susan Sontag), Moyens sans fins (Giorgio Agamben), Crash, L’üle de bĂ©ton, IGH (Ballard), Empire (Hardt/Negri), The Residents, Suicide, Sun Ra, Endless Summer, Fahrenheit 451, Soylent Green, Death Race 2000, Cannonball, etc... Le camp est une notion dĂ©veloppĂ© par Susan Sontag en 1964 (Notes on Camp) ou elle dĂ©finit une culture inspirĂ©e par la mouvance homosexuelle. Elle y fait l’éloge d’une nouvelle sensibilitĂ© urbaine apolitique dont l’accent est mis, comme chez Warhol par exemple, sur la vĂ©nĂ©ration du style, l’exagĂ©ration théùtrale, l’artifice et le mauvais goĂ»t. « So bad it’s good ». Sontag refuse aussi la sĂ©paration du contenu de la forme.

Giorgio Agamben dĂ©veloppe la thĂšse philosophique que dans nos sociĂ©tĂ©s l’état d’exception tend Ă  devenir indiscernable de la situation normale. Le camp par la suspension et l’éradication de tout statut politique de ses habitants les rĂ©duits Ă  la vie nue. On se retrouve donc dans la situation ou le pouvoir n’a en face de lui que la vie biologique pure sans possibilitĂ© de mĂ©diation.
Il soutient aussi que « le paradigme politique de l’Occident n’est plus la citĂ©, mais le camp de concentration, et que nous sommes passĂ©s d’AthĂšnes Ă  Auschwitz ». « Le camp est l’espace qui s’ouvre quand l’état d’exception commence Ă  devenir la rĂšgle »

“L’avant”
Nombreux sont ceux qui ont voulu participer Ă  ce plan de la derniĂšre chance... avant le suivant. On sait bien qu’un plan en amĂšne un autre Ă  condition d’ĂȘtre bien placĂ©. La position dans la file est primordiale, elle permet de rendre l’attente supportable. La juste Ă©valuation de sa position dans l’espace de la file donne un coup d’avance, on peut aller le regard serein donner le change. Peu d’élus au final, quelques uns sont rĂ©unis autour de ce feu de camp.